Commissariat :
Régis Durand,
Zia Mirabdolbaghi

Château de Villeneuve/
Fondation Emile Hugues
2, place du Frêne
06140 Vence
T 04 93 58 15 78
artculturepatrimoine@wanadoo.fr
www.museedevence.com

Du 25 juin au 7 novembre 2011

Ouvert du mardi au dimanche,
de 10h à 12h30 et de 14h à 18h.

Philippe Ramette, Exploration rationnelle des
fonds sous-marins : le
contact, 2006, Photo : Marc Domage
© Philippe Ramette, Courtesy Galerie Xippas

Philippe Ramette, Exploration rationnelle des fonds sous-marins : le contact, 2006, Photo : Marc Domage © Philippe Ramette, Courtesy Galerie Xippas

Château de Villeneuve
Fondation Emile Hugues
Attention à la figure

Le Château de Villeneuve/Fondation Emile Hugues à Vence propose une exposition centrée sur la question de la représentation. En effet, la représentation ou la simple évocation de la figure humaine est l’un des motifs essentiels de l’art occidental. Selon les époques et les artistes, ce motif apparaît dominant ou au contraire en retrait par rapport à ce qui tend à le nier ou le contester (le géométrique, le décoratif, l’informe, l’abstraction en général). Dans l’art du XXe siècle, la figure est passée par diverses phases de transformation et de déconstruction, cessant à certains moments d’être un motif dominant, tout au moins sous sa forme la plus manifeste, celle que l’on dit précisément figurative.

Dans ce cycle d’apparition/disparition de la figure, Vence a été le témoin de deux moments remarquables, qui méritent que l’on s’y arrête : en 1961-62, et alors qu’il se prépare à regagner Paris après plusieurs longs séjours à Vence, Jean Dubuffet - après les textures et les fonds indifférenciés de différentes séries des années 50 - introduit de nouveau dans son travail « une forme de figuration délibérément exacerbée » (H. Damisch). A peu près au même moment et dans le même lieu, Robert Malaval, dans son travail autour de l’Aliment blanc, invente un autre mode de « suscitation » de la figure. Plus tard, la figure reviendra chez Malaval sous la forme des portraits-silhouettes Rose-Blanc-Mauve de 1965-68, peints au pochoir, dans lesquels demeurent des traces de l’Aliment blanc qui adhèrent encore aux membres des figures. Une cinquantaine d’années plus tard, il est intéressant de confronter à ces deux oeuvres la vision que peuvent avoir de la figure humaine deux artistes d’aujourd’hui. Chez Philippe Ramette, c’est l’artiste qui se met en scène dans ses photographies issues de performances qu’il réalise lui-même. Quant à Natacha Lesueur, elle traite le corps, dans ses photographies, comme une surface d’inscription de marques diverses obtenues notamment à l’aide de matières alimentaires.


Zia Mirabdolbaghi, Directeur du Château de Villeneuve/Fondation Emile Hugues, Vence.